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- LA MANTE RELIGIEUSE
(Mantis religiosa) !
- (Mantoptère
Manteidae)
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- Elle n'a de religieux que le nom, mais
elle n'a pas son pareil pour vous suivre du regard, ou faire
fantasmer les plus féministes de nos concitoyennes
!
-

Présentation
-
- Entomologiquement parlant la Mante religieuse relève
des Orthoptéroïdes, et plus précisément
des Mantoptères, Ordre d'insectes très
répandu sous les tropiques, mais également bien
représenté en zone méditerranéenne. A
noter qu'elle est parfois classée dans les
Dictyoptères, c.a.d. avec les Blattes.
-
- La faune française comporte une petite dizaine
d'espèces, en l'occurrence méditerranéennes,
et il n'est guère que notre Mantis religiosa pour
s'accommoder de régions plus nordiques, tout en restant en
deçà de nos frontières.
-
- Le nom vernaculaire vient d'une attitude qui lui est
très familière (illustrations ci-contre), membres
antérieurs repliés et accolés telles des
mains jointes. L'appellation locale de "Prie Dieu" (Provence) est
non moins imagée et pour tout dire symbolique.
-
- Plus prosaïquement tout adepte du "noble art" vous dira
qu'il s'agit d'une posture dite de "garde", la seule qui soit apte
à générer l'attaque comme la défense.
Notre mante est donc plus boxeuse que religieuse, mais c'est
là une autre histoire.
-
- Comme vous le verrez au fil de cette page,
l'originalité de la mante religieuse tient à
l'extrême mobilité de la tête, et plus encore
à des pattes antérieures ultra sophistiquées,
et très justement qualifiées de ravisseuses.
-
- Dans un tout autre registre vous verrez que la bestiole se
singularise également par des amours pour le moins
sanguinaires, car elle a une nette tendance à conjuger les
plaisirs de la chair...avec ceux de la table !
-
-
- Un jardin à l'abandon,
des carottes sauvages à profusion, des tipules en veux-tu
en voilà, et des mantes à gogo !
- ......brune, verte, ou à
contrejour, ces femelles sont prêtes à pondre
(mi-octobre).
-
-
- Biologie &
morphologie
-
- Les Mantes sont diurnes, carnassières, et elles
affectionnent les terrains découverts et bien
ensoleillés. Elles sont par ailleurs parfaitement
adaptées à la prédation des insectes, et en
l'occurrence à la chasse à l'affût. Du fait de
leur couleur elles peuvent aisément passer
inaperçues dans leur milieu (homochromie), du moins avec un
peu de chance, car la concordance avec le substrat est plus
fortuite que délibérée.
-
- Quelqu'en soit la nature (homochromie, homotypie, etc...) la
notion même de mimétisme est d'ailleurs souvent
controversée. Disons simplement qu'il y a du vrai, et du
moins vrai, autrement dit que ça peut servir, mais qu'il ne
faut pas trop idéaliser. Pour illustrer le propos je vous
laisse admirer la troublante et bluffante perfection du camouflage
d'un papillon nocturne (ci-dessous à
droite)....trouvé sur le mur bien blanc de la maison. Les
lichens ne manquant sur les arbres il aurait pu se poser là
où je l'ai mis, mais il ne l'a pas fait...du moins ce jour
là !
-
-

- de l'adéquation ( ou pas
! ) des formes et couleurs avec le milieu...un sujet qui fait
toujours débat !
-
-
- De couleur verte ou brune, la mante religieuse est de belle
taille, très élancée, et son port ne manque
pas d' élégance. Mâles et femelles se
ressemblent, mais ces dernières sont toujours nettement
plus grandes, plus robustes, et "gestation" aidant plus
corpulentes. Elles atteignent 75 mm, contre guère plus de
50 pour les mâles, mais le caractère très
fluet de ces derniers donne souvent l'impression d'une
disparité allant du simple au double.
-
-

- de gauche à droite:
1)- couple de "Mantis religiosa"; 2)- femelles à
la limite de l'empoignade;
- 3-4-5)- femelles
"pleines" ...à manipuler avec précautions
-
- L'aile...et la tête
!
-
- Juchée sur un prothorax démesurément
long, et assimilable à un cou, la tête est petite,
triangulaire, et dotée d' yeux très
développés et proéminents,
complétés par 3 ocelles disposés en triangle
entre les antennes. Cette configuration, alliée à
l'extrême mobilité de la tête (en terme de
rotation elle couvre allègrement les 180 degrés),
fait que le champ de vision est quasi périscopique, et il
n'est guère d' insectes pour soutenir la comparaison. Cette
particularité fait que la bestiole peut rester parfaitement
immobile, et donc ne pas trahir sa présence, tout en ayant
loisir de guetter l'arrivée d'une proie, d'où
qu'elle vienne.
- D'une certaine façon cette faculté n'est pas
sans rappeler le caméléon, autre spécialiste
de l'affût, dont les yeux en quelque sorte "sur rotules"
s'orientent indépendamment l'un de l'autre. Dans les deux
cas l'auditif complète le visuel (à moins que ce ne
soit l'inverse!), et concernant la Mante il est fort possible que
des sensilles spécialisées, en l'occurrence
mécano-réceptrices, captent les vibrations de l'air
produites par le vol d'un insecte. Ces sensilles, dites filiformes
(= trichobotries), sont d'ailleurs connues chez d'autres
Orthoptéroïdes, et notamment chez les blattes,
grillons, et forficules, où elles siègent sur les
antennes et les cerques.
-
- Les 2 sexes sont aptes au vol, mais à l'approche de la
ponte la femelle est très alourdie et quasi
condamnée à se déplacer à "pattes", et
même à "4 pattes" si je puis dire. De fait chez la
Mante religieuse les pattes intermédiaires et
postérieures sont qualifiées de
"déambulatoires", les antérieures étant plus
adaptées à la prédation, et à
l'occasion à la "varappe" quand la bestiole est
amenée à devoir se hisser pour progresser.
-

- de gauche à droite: 1 &
2)- avec ses allures d'extraterrestre, ou de résurgence
du Loch Ness, l'expression de la Mante est aussi
énigmatique qu'inquiétante.3 & 4)- les
ailes de la mante religieuse. Vous noterez que les élytres
(présentement verts) sont légèrement
cornés et protègent les ailes fonctionnelles,
membraneuses et tranlucides..
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- Pattes ravisseuses &
prédation ....démonstration !
-
- Les pattes ravisseuses sont un
modèle du genre car en se détendant elles permettent
d'harponner la proie, grâce à un éperon
antérieur très acéré, et en se
repliant elles l'immobilisent entre une double rangée
d'épines non moins développées. Le tout
permet la capture de proies volumineuses aptes à
résister et se défendre (bourdons ou gros criquets
par exemple). A noter au passage que la rare et très
curieuse Mantispe (voir cette page entomo à rubrique
"autres") dispose de pattes ravisseuses morphologiquement
très comparables, tout comme la Squille, crustacé
marin très à propos dénommé Squilla
mantis.
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- à gauche: un redoutable
duo; au centre: pattes en projection, et détail
d'une patte ravisseuse (le relèvement du tarse
dégage l'éperon ou "harpon"); à
droite: détail des éperons ou
"harpons".
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- le repas des "fauves":
tout fait ventre (mouches, abeilles, bourdons, papillons,
tipules, etc....)
-

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- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
