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- L'AEGOSOME !
- (Aegosoma
scabricorne, Coléoptère
Cerambycidae)
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- (page 2 sur
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-
- Intro !
-
- Les idées reçues
ont souvent la vie dure, et cela vaut en tout domaine ... y
compris en entomo !
- ... d'où une petite
parenthèse à découvrir ... et une invite
à démêler le vrai du faux
!
-
- Présentation
-
L'Aegosoma
scabricorne (couple de collection ci-contre) est un
Coléoptère plus ou moins brun, dont la taille est
généralement de l'ordre de 4 à 5 cm. Il
relève de la Famille des Cerambycidae ( =
Cérambycidés ) autrement dit des " longicornes".
-
- La répartition de l'espèce
est discontinue, avec 2 grandes "zones blanches" ( Bretagne, et
Nord de la France). Sauf exceptions très ponctuelles
l'insecte n'est jamais commun. Signalons enfin que l'Aegosome est
parfois attiré par la lumière, ce que j'ai pu
moi-même constater à diverses reprises en chassant
les papillons nocturnes.
-
- L'Aegosome peut se développer
dans le bois mort (contrairement au Grand Capricorne du
chêne, cf pages entomo.), mais il affectionne surtout les
parties dépérissantes des arbres âgés,
malades, ou lésés. L'espèce n'est pas
considérée comme nuisible, mais elle peut parfois
poser problème, du moins très localement.
-
- Le Hêtre a sa
préférence, mais on peut trouver cet insecte dans de
multiples essences non résineuses. Personnellement, et
outre le Hêtre, j'ai surtout trouvé l'Aegosome dans
le Frêne, le Sycomore, le Peuplier, le Cerisier, et tout
récemment le Pommier.
-
- L'Aegosome est nocturne, apte au vol, et
il apparaît le plus souvent en août, c.a.d.
tardivement par rapport à la majorité des autres
espèces xylophages (= "mangeurs de bois"). Dans la
journée il se réfugie dans les cavités des
arbres, sous les écorces déhiscentes (=
décollées), dans les entrelacs du lierre quand il
est présent .... et dit-on dans les anciennes galerie
larvaires .... mais là je demande à voir ...
d'où le "vrai ou faux" ci-dessous !
-

- l'Aegosome (Aegosoma
scabricorne) compte parmi nos plus grands longicornes.
-
- Vrai ou faux
?
-
- En 1929, François
Picard (1)
écrivait à propos
de notre Aegosome: "le matin, jusqu'à 9 h, il se tient
à l'entrée de son trou qu'il bouche avec sa
tête". En 1978, André Villiers
(2)
écrit à son tour ".... et se tiennent,
durant le jour, dans les galeries larvaires dont ils obstruent
l'orifice avec leur tête,". En 2000 enfin, Gaëtan
du Chatenet
(3)
reprend l'assertion en ces termes: "Durant le jour dans
les galeries larvaires, dont il obstrue l'entrée avec sa
tête". Accessoirement, dans les 2 dernières
citations, vous noterez l'usage du verbe "obstruer", là
où "obturer" m'apparaît à la fois plus
approprié, et plus conforme à la citation
initiale.
-
- Ayant pas mal "fréquenté"
la bestiole, je doute qu'elle puisse rentrer dans un trou de
sortie, et de surcroît à reculons, car
l'étroitesse de la galerie rend tout retournement
impossible. Je peux certes me tromper, mais ce genre de situation
me paraît plutôt correspondre à des insectes en
instance d'émergence. J'en veux pour exemple le Grand
capricorne du chêne, que l'on surprend parfois sur son
pas-de-porte, en l'attente du crépuscule .... et donc pour
lui de " l'heure de la sortie " .... comme dans la chanson
!
-
- Si quelqu'un à vu, de ses yeux
vu, un Aegosome rentrer dans une galerie larvaire, et s'y tenir
comme décrit ci-dessus (tête obstruant l'orifice), je
suis bien sûr preneur des 2 mains, et prêt à
faire mon mea culpa ici même. En attendant, et
jusqu'à preuve du contraire, permettez-moi de douter
!
-
- (1)
Faune de France, 20, Coléoptères Cerambycidae,
Editions Paul Lechevalier;
(2)
Faune des
Coléoptères de France, Cerambycidae), Editions
Lechevalier;
(3)
Coléoptères phytophages d'Europe, N.A.P.
Editions.
-
- Ce n'est pas un insecte rare
....
... mais il abonde rarement !
- La prise en main ... un rituel
valant signature sur ce site, tout comme l'allumette faisant
office d'échelle !
-
- Dimorphisme
sexuel
-
- Les sexes sont distincts, et comme chez
de nombreux longicornes, la femelle est aisément
reconnaissable à ses antennes plus courtes.
Présentement elles ne dépassent pas les 2/3 de
l'abdomen, là où celles du mâle atteignent
l'extrémité abdominale (ci-dessous à gauche).
Le second critère consiste en la présence d'un
ovipositeur (= oviscapte) rigide qui dépasse l'abdomen d'un
bon cm .... quand il n'est pas rétracté
!
-
- Un autre critère concerne la
forme du thorax, mais pour bien l'appréhender il est
préférable de disposer des 2 sexes. Les
clichés ci-dessous montrent le contour sub-triangulaire du
thorax femelle, et la forme plus quadrangulaire du
mâle.
-

- de gauche à droite :
1)- couple de collection, femelle à gauche; 2)-
femelle avec ovipositeur évaginé;
- 3)- détail de
l'ovipositeur; 4)- thorax du mâle; 5)- thorax
de la femelle.
-
-

- de gauche à droite : 1)-
couple. Femelle en haut, avec ovipositeur apparent; 2)- Couple.
femelle en haut, avec ovipositeur "escamoté";
3)- couple. Femelle en bas, avec
l'ovipositeur apparent. 4)- tronçon basal (35 cm de
diamètre) d'un pommier trouvé abattu et
débité. Les nombreuses galeries, de surcroît
à coeur, témoignent de l'efficience des mandibules
car le bois était encore très dur et non
dégradé, contrairement au cerisier du "coup de bol"
ci-après relaté. Ce tronçon est pour partie
à l'origine des illustrations de cette "page
entomo".
-
- La ponte
-
- Elle suit bien sûr l'accouplement,
et la forme très particulière des oeufs,
alliée à leur dureté, font qu'ils sont
littéralement "plantés" dans les interstices de
l'écorce de l'arbre nourricier. Attirée par mon
piège à papillons nocturnes (voir page entomo), et
n'ayant nulle envie de la voir s'en prendre à mes arbres,
une femelle d'Aegosome s'est retrouvée provisoirement
captive dans un bocal, en l'attente de la relâcher là
où elle pourrait vivre sa vie.
-
- Pris par le temps, 3 jours se sont ainsi
écoulés, et au moment de libérer ma captive,
je me suis aperçu qu'elle s'était
"lâchée", ce qui est fréquent chez les
papillons, mais ne l'est pas au pays des longicornes ! Le premier
lot comportait déjà 90 oeufs, et ayant
conservé la bête pour juger de ses capacités
de ponte, un second lot de 94 oeufs a été
récolté... et l'insecte avait peut-être
déjà commencé à pondre avant sa
capture !
-
- de gauche à droite : 1
& 2)- tentatives d'accouplements, mais ces dames
n'étaient pas d'humeur !
- 3 & 4)- les oeufs de
l'Aegosome, ensemble et détail. Au total 184 oeufs ont
été pondus, et la femelle n'était pas bien
grosse !
- La forme et la dureté des
oeufs permettent de les insérer en bonne
place.
-
- .... et suite
logique !

- Larves naissantes d'Aegosoma
scabricornis !
- .... que de chemin à
parcourir ( et de bois à ronger ! ) avant de devenir bel
Aegosome !
- (remarquer, au centre, la
conformation acérée des toutes jeunes
mandibules)
-
- "Coup de bol" ....
-
- Le hasard faisant parfois bien les
choses, je suis tombé, à la mi-juin 2004, sur un
billot de cerisier (50 cm x 30 de diamètre) portant de
très gros trous de sorties. Certains étaient
manifestement anciens, mais d'autres encore "bouchonnés"
s'annonçaient prometteurs, plusieurs
générations d'Aegosomes pouvant en effet se
succéder, si le volume du bois est suffisant.
-
- Le bois en question étant
particulièrement dégradé, il ne m'a pas fallu
longtemps pour constater qu'il était "habité", et
pour tout dire véritablement surpeuplé. De fait 10
nymphes récentes ont été aisément
débusquées, ainsi que 35 larves âgées,
pour la plupart en loges (et donc en pré-nymphose). A noter
l'absence totale de jeunes larves, l'extrême
dégradation du bois le rendant inexploitable pour une autre
génération.
-
- Les images ci-dessous témoignent
de cette manne (au demeurant assez exceptionnelle), étant
entendu que toutes les larves et nymphes ont été
placées en "nurserie", autrement dit en logettes
artificielles, et que le moment venu les adultes iront repeupler
la campagne nantaise !
-

- de gauche à
droite: 1)- larves à terme; 2)- larves
"in situ"; 3)- nymphes
-
-

- Suite et fin, si je puis dire
!
- à gauche: mue
imaginale (toute fraîche !) d' Aegosome;
- au centre: imago
mâle immature (abdomen encore blanc et distendu); et
mature (à droite).
-
- La larve
-
- Au terme de son développement,
lequel demande 2 à 3 ans, la larve de l' Aegosome atteint
une taille respectable, de l'ordre de 5 à 6 cm. L'heure de
la nymphose venue elle se constitue une logette, et à
l'instar du Grand Capricorne du Chêne elle prépare la
sortie de l'insecte adulte qu'elle deviendra. En l'occurrence il
s'agit d'une galerie de sortie, l'adulte n'étant pas apte
à creuser le bois pour gagner l'air libre.
-
- Suprême astuce, la larve
"bouchonne" cette galerie à l'aide de fibres de bois
qu'elle arrache, et compacte fortement. La future nymphe sera
ainsi protégée de toute intrusion extérieure,
et le moment venu l'adulte pourra facilement se libérer en
arrachant les fibres en question.
-

- de gauche à droite:
1)- larves d'Aegosomes, la plus grosse à terme; 2)-
les mêmes, avec l'incontournable
allumette/échelle;
- 3)- toujours les
mêmes, en main; 4)-autre exemple avec du "tout
venant".
-

- à droite: gros plan de la
tête d'une larve d'Aegosome. Remarquer la puissance des
mandibules. à gauche: exemples de
"bouchons" pré-nymphaux typiques La partie concave ( bout
soufré de l'allumette ! ) correspondant au
côté "loge".
-
- La nymphe
-
- C'est l'homologue de la chrysalide du
papillon, et la préfiguration du futur adulte qui prendra
forme à la dernière métamorphose,
c'est-à-dire lors de la mue dite "imaginale". Les futures
pattes et antennes ( entre autres organes ! ) sont bien visibles,
et les sexes sont déjà identifiables. Chez
l'Aegosome le stade nymphal est relativement bref, de l'ordre du
mois.
-

- vues ventrale,
latérale, et dorsale, d'une jeune nymphe d'Aegosome (48 h
d'existence !)
-
-
- et quand tout se
passe bien ....
-
- émergences et ....
...."décollages" !
-
- En guise de conclusion
!
-
- Au travers des
"Aegosomes
forgerons" , je vous
invite à découvrir mes "Historiettes
naturalistes"....
-
- .... si ce n'est
déjà fait !
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr