- ACCUEIL -
COLEOPTERES -
LEPIDOPTERES -
AUTRES -
C-KOI ? -
HISTORIETTES
- NEWS - LIENS
- WANTED
!
-
-

-
- LE VER LUISANT
(Lampyris noctiluca)
!
- (Coléoptère
Lampyridae)
-
- (page 2 sur 2)
-
- - pour quitter les
agrandissements faire "page précédente" dans votre
navigateur -
-
-
-
A
l'instar de la coccinelle, le Lampyre ou ver luisant, ci-contre,
est un insecte très populaire, et quel que soit notre
âge c'est toujours un petit bonheur de voir son lumignon
resplendir par une belle nuit d'été.
-
- Comme la coccinelle c'est un
Coléoptère, et comme elle c'est un redoutable
prédateur. La comparaison s'arrête là car
notre Lampyre est par ailleurs un insecte bien peu ordinaire et
nous allons voir en quoi consiste son originalité.
-
- La plus connue de ses
particularités, est bien sûr la faculté qu'il
a d'émettre une lumière très nettement
discernable, et à la fois quelque peu irréelle tant
elle donne l'impression d'émaner de nulle part. Cette
bioluminescence, puisque tel est son nom, est effectivement peu
banale car il s'agit d'une lumière dite froide c.a.d. ne
dégageant aucune chaleur. Sans entrer dans le détail
du processus biochimique la générant disons que
cette luminescence résulte de l'oxydation enzymatique d'une
graisse très spécifique.
-
- Par référence à la
bionique notez au passage que notre Lampyre a inventé le
concept de la lumière froide bien avant l'homme. Notez
également que ce type de lumière est tout
particulièrement adapté à l'observation
rapprochée (loupe binoculaire par exemple) du
matériel biologique vivant, et donc fragile par
définition. Bien entendu dans ce dernier cas le processus
d'obtention est plus électronique qu'enzymatique!
-
- Cela dit notre ver luisant, qui
d'ailleurs n'a rien d'un ver, se singularise par un dimorphisme
sexuel véritablement hors normes car si le mâle a
tous les attributs d'un coléoptère qui se respecte,
et entre autres une paire d'élytres, on peut dire que la
femelle ressemble à tout, sauf précisément
à un coléoptère.
-
-
- vue dorsale.....
.....et ventrale !
- larve âgée de
Lampyre.
- à gauche: notez que les
taches latérales claires (du jaunâtre au
rosé), présentes sur le dessus de chaque segment,
sont typiques des larves. En d'autres termes elles disparaissent
chez la femelle adulte. à droite: par opposition aux
clichés ci-dessous, vous noterez la très faible
différenciation des segments de l'extrémité
abdominale, siège des organes luminescents.
-
-
- Tout d'abord on notera son
aptérisme total, phénomène toujours
extrêmement rare chez les coléoptères
(Pachypus candidae par exemple), mais bien connu chez d'autres
insectes tels certains Lépidoptères
hétérocères (=nocturnes) de la famille des
Géométridés.
-
- On notera aussi et surtout que la
femelle adulte conserve une morphologie de type larvaire tout au
long de sa vie, ce qui est là tout à fait
exceptionnel pour un coléoptère, mais qui peut se
rencontrer chez d'autres insectes, tels les termites encore
faut-il préciser qu' il s'agit de femelles
néoténiques, et non adultes sensu stricto
(cf. pages entomo.)
-
-

- de gauche à droite:
1)- "nymphe" de ver luisant femelle; 2)- femelle adulte
de ver-luisant (notez la disparition des taches latérales
larvaires; 3)- vue générale ventrale;
4)- détail du "lumignon" (notez l'importance de la
différenciation en regard des attributs
larvaires.
-

- femelles ....et "lumignon"
!
-
-
-

- de gauche à droite:
1)- ver-luisant mâle en vue dorsale; 2)- idem en
vue ventrale; 3)- couple;
- 4)- "Mr" ver-luisant
aurait bien voulu, mais pour Mme ces choses-là se font la
nuit...et elle s'est rattrapée !
-
-
-
- ne vous fiez pas....
.
...aux apparences !
- Chez les Lampyres, il y a une
heure pour les braves...la nuit !
- Vous noterez la
variabilité de la taille des femelles, celle des
mâles étant toujours beaucoup plus constante
!
-
-
- l' essentiel est dit-on de
participer ...
....reste à connaître l'avis de
l'intéressé !
-
-
- On notera encore que notre Lampyre est
si je puis dire un perfectionniste, car ses oeufs eux-mêmes
seraient plus ou moins luminescents, ce qui une fois de plus sort
à l'évidence de l'ordinaire. Je ne suis cependant
pas persuadé du fait car selon mes propres observations ils
ne le sont pas, y compris sous UV.
-
-

- Les oeufs sont
sphériques, jaunes, et plutôt fragiles. Sous
réserve d'un minimum d'humidité ils sont
déposés dans les endroits les plus
divers,
- tels que les interstices du sol
(comme ci-dessus ), mais aussi dans la litière, ou encore
sous les pierres (ci-dessus là aussi), les bois
tombés, etc...
-
-

- de gauche à droite: 1
& 2)- détails des oeufs;
- 3 & 4)- larves du
jour ...comme les oeufs ! ( vous noterez qu'elles sont copies
conformes des plus âgées ...mais en miniatures !
).
-
-
- On notera enfin que le Lampyre, grand
consommateur d'escargots, marque là encore sa
différence en usant d'une technique pour le moins originale
et quasi chirurgicale. Il anesthésie en effet ses proies
avant de les consommer, et il s'agit bien d'une anesthésie
car les escargots en question sont susceptibles de
"récupérer". Bien entendu il ne faut pas laisser le
Lampyre passer à table, car c'est un adepte de la digestion
extra orale, et à ce titre il liquéfie
littéralement les tissus de sa victime avant de les
absorber. Cette précision apportée,
l'anesthésie en question est si efficace, et si subtilement
instillée, que les quelques morsures infligées
à cet effet paraissent d'aimables bécots, et ne
provoquent aucune réaction de défense de la part de
la victime (rétraction dans la coquille, ou émission
de mucus par exemple).
-
-
- Lampyres.....
....à
l'oeuvre !
- Les Lampyres femelles passent
parfois pour ne point manger, mais le cliché de droite me
semble témoigner du contraire !
-
-
- A titre indicatif, et comparatif, de
nombreux Hyménoptères paralysent leurs proies, le
plus souvent en vue d'assurer la subsistance de leur descendance.
Cette paralysie est cependant irréversible, et elle
résulte d'un coup d'aiguillon, au demeurant toujours
très efficacement porté, car bien placé pour
atteindre les centres nerveux de la victime.
-
- Pour continuer cette page nous
reviendrons à la bioluminescence pour préciser que
les larves du Lampyre sont dotées elles aussi de lumignons
fonctionnant à l'identique, mais ils sont réduits et
a priori sans rôle bien défini. Celui de la femelle
mature est différemment placé, beaucoup plus
puissant, et son rôle sexuel est lui parfaitement
identifié. Dans la mesure où ces organes
luminescents sont
ventraux,
la femelle fait en sorte de les exposer au mieux. Avec un peu de
chance vous verrez qu'elle agite parfois son petit fanal, avec la
lenteur d'un chef de gare, afin de mieux capter l'attention des
mâles en maraude, qui eux volent
aisément.
-
- Dans la même optique, et c'est
bien le cas de le dire, les yeux des mâles sont
énormes, et à côté ceux des rapaces
nocturnes ne sont rien. On peut même dire qu'ils sont
carrément hypertrophiés (image ci-contre) tant le
reste de la tête apparaît comparativement
insignifiant. Cela donne évidemment à penser qu'il y
a corrélation avec le lampion abdominal des femelles, et
que la recherche de la partenaire est de ce fait essentiellement
visuelle. Là encore notre lampyre fait donc bande à
part car chez la plupart des insectes l'émission de
phéromones sexuelles spécifiques prévaut le
plus souvent dans le rapprochement des sexes (cf. planche entomo.
"curiosités"). A noter que cette émission cesse
dès que la femelle est fécondée, et que
pareillement c'est l'extinction des feux pour notre femelle de
Lampyre dès qu'un mâle est venu honorer son petit
lampion.
-
- Ultime détail, les yeux du
Lampyre mâle sont placés sous une avancée du
pronotum et il n'est pas exagéré de voir en cette
casquette une sorte de réflecteur propre à optimiser
le champ de vision, et donc la perception des signaux lumineux de
la femelle. Accessoirement on peut également y voir une
autre relation avec la bionique.
-
- Pour conclure je dirais que notre
charmant porte lampion tend à se raréfier pour de
multiples raisons. Autrefois il était fréquent dans
nos jardins, au bord des routes, au revers des fossés, le
long des haies, bref partout où ses proies abondaient.
Depuis l'avènement des insecticides, hélicides, et
autres biocides, son petit lumignon se fait bien discret. Par
ailleurs, comme tant d'autres insectes, tels les
Orthoptères (sauterelles et criquets notamment), il est
particulièrement vulnérable au girobroyage,
technique dorénavant quasi généralisée
en matière d'entretien des espaces herbacés de
quelque importance en terme de surface.
-
-
-
FIN
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
