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le GRAND PAON de NUIT (Saturnia pyri) !
(Lépidoptères Saturniidae)
 
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Intro !
 
Ce n'est pas "écrit dessus" ( contrairement à une certaine"pub" ! ), mais il s'agit bel et bien du plus grand papillon d'Europe, et à ce titre il eut été dommage de ne point le voir figurer sur le site.
 
La bestiole est de surcroît dotée d'organes "olfactifs" dignes du "Guiness" des records, et là encore vous verrez que "ça vaut le détour", car les plus affûtés des museaux canins ne sauraient mieux faire, encore que la comparaison ne soit pas forcément ...comparable !
 
Présentation
 
Le Grand paon de nuit, autrement dit le Saturnia pyri des entomologistes, porte bien son nom, et même doublement bien. Ses 15 cm d'envergure en font en effet le plus grand des papillons européens, et par ailleurs ses 4 ailes portent des " ocelles", sortes d' "yeux" rappelant l'ornementation des plumes de la queue des paons....démonstration ci-dessous à droite !
 
 
Grand paon étalé (collection) Grand paon étalé (collection) ocelle de Grand paon  
de gauche à droite: 1 & 2)- Grand paon étalé (insecte de collection) montrant les "ocelles".
3)- détail d'un ocelle de Grand paon; 4)- à titre comparatif, détail d'un "oeil de paon".
 
 
duo de Grands paons sur le vif femelle de Saturnia pyri
Grands paons sur le vif
 
Saturnia pyri relève de la Famille des Saturniidae, représentée en France par 5 espèces, dont une protégée (Graellsia isabellae, ou "Isabelle"), et une autre d'origine asiatique, introduite au XIX ème siècle ( Samia cynthia, ou Bombyx de l'ailante).
 
Le Grand paon n'a qu'une génération annuelle (= "monovoltin") et il apparaît de la mi-Avril à la mi-Mai, du moins en Loire-Atlantique. Comme beaucoup d'espèces nocturnes il ne s'alimente pas, d'où l'absence de trompe , et une durée de vie censément très réduite. Dans le meilleur des cas elle est en effet de l'ordre d'une petite semaine, laps de temps essentiellement dévolu à la reproduction.
 
Le dimorphisme sexuel
 
Contrairement à son cousin le "Petit paon de nuit" (Eudia pavonia, fin de page 3), les sexes diffèrent très peu, si ce n'est par la forme des antennes, et bien sûr par des "rondeurs abdominales" propres aux femelles, et inhérentes au volume d' oeufs en quelque sorte "prêts à pondre".
 
 
couple de Grands paons (Saturnia pyri) antenne du mâle de Saturnia pyri antenne de la femelle de Saturnia pyri 
 à gauche: couple de Grands paons; au centre: antennes longuement pectinées du mâle;
à droite: antennes quasi filiformes de la femelle
 
La pariade
 
Elle a fait la notoriété du Grand paon, même si d'autres espèces ne sont pas loin d'égaler ses performances. Expérimentations à l'appui, il est de longue date démontré que la femelle, sous réserve d'être vierge, est capable d'attirer un partenaire mâle dans un rayon de 5 km ....excusez du peu !!!
 
Plus spectaculaire encore: vous maintenez la demoiselle à disposition, mais dans une cage finement grillagée empêchant l'accouplement, et vous verrez rappliquer à tire d'ailes tous les mâles (ou presque !) occupant une aire théorique avoisinant les 80 km2, qui sauf erreur correspondent à près de 8000 hectares !
 
attraction sexuelle.... attraction sexuelle: démonstration (photo 1) attraction sexuelle: démonstration (photo 2) ....démonstration !
 
Concrètement la femelle vierge émet nuitamment des phéromones sexuelles, autrement dit des odeurs en quelque sorte "affriolantes", lesquelles diffusent dans l'air, et sont à l'occasion portées par le vent. Les mâles sont eux dotés de récepteurs olfactifs qui siègent au niveau des antennes, et quand les molécules de la douce effluve sont captées, il leur suffit de remonter jusqu'à la source...mais un seul pourra s'y abreuver ! Vous noterez que l'accouplement met fin à l'émission des phéromones, et à l'attractivité sexuelle, principe valant règle pour tous les insectes.
 
Histoire de faire bonne mesure, et de montrer la complexité, et la diversité des processus, sachez que les mâles de certains papillons de jour peuvent pareillement "émoustiller" les partenaires potentielles. Là il s'agit d'écailles, ou de poils modifiés (dénommés "androconies"), généralement regroupés à la surface des ailes sur une zone propre à chaque espèce de papillon. Pour illustrer le propos, et donner une idée du degré de sophistication, je vous invite à comparer les clichés ci-dessous.
 
 
 
un très classique diffuseur de parfum, et son homologue (X 800), tel qu'il existe chez certaines espèces de papillons.
Pour être plus précis c'est là un des très nombreux éléments chargés de diffuser les phéromones sexuelles. Assemblés bouts à bouts ils forment les poils dits androconiaux. Le moment venu ces poils sont fragmentés (par frottement des ailes l'une contre l'autre par exemple) et les minuscules diffuseurs, emportés par le vent, vont aller transmettre le message sexuel et favoriser ainsi la rencontre du partenaire.
 
 
accouplement de Grands paons (photo 1) accouplement de Grands paons (photo 2) accouplement de Grands paons (photo 3) accouplement (en main) de pyri
exemples d'accouplements: "in natura" (terrasse, chêne, branche) ....et en main !
 
 
Grand paon de nuit (Saturnia pyri) femelle en attente d'accouplement. Grand paon de nuit (Saturnia pyri) femelle en appel, vue de face. Grand paon de nuit (Saturnia pyri) femelle en appel, vue de profil. Grand paon de nuit (Saturnia pyri) détail de la "pompe à phéromones", vue de face. Grand paon de nuit (Saturnia pyri) détail de la "pompe à phéromones", vue de profil. Grand paon de nuit (Saturnia pyri), accouplement.
Position d'appel et accouplement ... mode d'emploi !
de gauche à droite: 1)- privé de son anse, un panier grillagé est idéal pour les accouplements de GPN. Il interdit en effet tout risque d'évasion, il ne gêne pas la diffusion des phéromones, et l'accouplement est aisé au travers des mailles; 2 & 3)- femelle "en appel" (face et profil). La bête est immobile et la "pompe à phéromones" fait saillie hors de l'extrémité abdominale; 4 & 5)- détail de ladite "pompe à phéromones" en action (face et profil); 6)- appel entendu ! En dépit d'un certain inconfort ( si l'on peut dire ! ), ces GPN  ont été trouvés "in copula" à 7 h du matin ... et ils l'étaient toujours à 22 h !
 
La ponte
 
Au vu de ce qui se passe en élevage, la femelle du Grand paon semble peu tentée par un "décollage immédiat" post-copulatoire, tant son abdomen bourré d'oeufs est pesant. Il lui faut donc s'alléger quelque peu, en pondant en partie là où elle est née,. Dans la mesure où les cocons sont le plus souvent tissés sur l'arbre nourricier, au niveau du tronc ou des enfourchures de branches notamment, les femelles émergentes se contentent de gagner les frondaisons "à la force des pattes".
 
Une fois fécondées, ce qui traîne rarement, les oeufs (200 en moyenne) sont déposés par lot sur les branchettes, à proximité du feuillage nourricier. En captivité vous noterez que la bestiole prend un malin plaisir à pondre sur les parois de la cage, mais c'est là une autre histoire !
 
 
abdomen bourré d'oeufs de Grand paon oeufs de Saturnia pyri  oeufs de Saturnia pyri
de gauche à droite: 1)- aperçu de la bedaine rebondie d'une femelle de Grand paon avant ponte;
2)- lot d' oeufs issus d'une ponte partielle; 3 & 4)- détail des oeufs.
Vous noterez qu'une femelle, obtenue d'élevage, m'en a pondu 268 !
 
 
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr