ACCUEIL - COLEOPTERES - LEPIDOPTERES - AUTRES -VIDEOS - HISTORIETTES - NEWS - LIENS - WANTED ! - MAILS d'OR -
 
 
la SCUTIGÈRE (Scutigera coleoptrata) !
(Myriapode Scutigeridae)
 
(page 2 sur 2)   
 
 - pour quitter les agrandissements faire "page précédente" dans votre navigateur -
 
 
Etant assez souvent sollicité à propos de cette bestiole, j'ai décidé de lui consacrer une "page entomo"
... même si les Arachnides et Myriapodes ne sont pas des insectes ... et encore moins ma "tasse de thé" !
  
 Intro !
 
scutigèrePleine de pattes, si je puis dire, et déjà très impressionnante par un aspect limite "délit de faciès", la Scutigère l'est plus encore par son extrême vélocité ... d'où la fréquente appellation de "scutigère véloce" ! Ajoutez sa démoniaque aisance pour se faufiler et grimper n'importe où, sans parler de son aptitude à démarrer plein pot en une fraction de seconde, ou à piler sur place en pleine course !

Ajoutez encore et surtout sa propension à squatter nuitamment nos maisons, et dès lors vous comprendrez que la bestiole a vraiment tout pour déplaire, et qu'il sera donc bien difficile de lui rendre justice .... même si elle le mérite !

 
 Présentation !

La scutigère, encore appelée "scutigère véloce" fait partie des Myriapodes, c'est-à-dire de la confrérie des "Mille-pattes", autrement dénommés "Centipèdes" en version anglaise. Pour la faune française elle est l'unique représentante de la Famille des Scutigeridae, caractérisée par une respiration pulmonée rappelant celle des Arachnides.

La bestiole est dotée d'un corps articulé d'environ 3 cm, protégé par des boucliers dorsaux, et elle dispose de 15 paires de très longues pattes, d'où des performances locomotrices inégalées au pays des Myriapodes. Au passage vous noterez (source Wikipedia) que le record du nombre de pattes (375 paires) est détenu par une quasi mythique espèce Californienne (Illacme plenipes).

 
scutigère (photo 1) scutigère (photo 2)
scutigère surprise sous un morceau d'écorce
 
Particularités morphologiques !

Les pattes !

Les 2 dernières pattes de la scutigère (voir ci-dessous) sont particulièrement longues, puisqu'elles peuvent atteindre 2 fois la longueur du corps ( soit près de 6 cm ), et dépasser ainsi celle des antennes. Par projection, et enroulement des tarses ou "fouets" ces pattes seraient susceptibles de former une sorte de lasso apte à capturer certaines proies, mais je n'ai pas eu loisir d'observer pareil comportement.

Par contre, et là c'est aisément vérifiable, les pattes de la scutigère ont une fâcheuse tendance à abandonner leur propriétaire (si je puis dire ! ). Cette sorte d'autotomie est évidemment une réaction défensive, à l'instar de la queue du lézard qui vous reste dans la main. A titre d'exemple la scutigère de l'intro a perdu 8 pattes lors de sa rencontre avec un tout jeune chaton, pourtant plus enclin à jouer qu'à tuer.

  
Scutigère, vue d'ensemble Scutigère, détail des pattes postérieures Scutigère, détail des pattes normales
à gauche: proportions générales, au centre: proportions comparatives des tarses des pattes "normales" et postérieures;
à droite: aspect général des pattes "normales"
 
 
à gauche: ensemble et détail d'un tarse de patte "normale". Vous noterez la segmentation; la griffe terminale, et les rangées de courtes soies favorisant la "prise" sur le support; à droite: début du tarse ou "fouet" des pattes postérieures, et détail de la segmentation. Cette dernière intéresse toute la longueur du fouet, et lui assure une très grande mobilité. Vous noterez l'absence de soies rigides, et de griffe terminale.
 
La tête !
 
Là où les autres Myriapodes disposent de simples ocelles oculaires, et donc d'une vision censément limitée, la scutigère est "équipée" d'yeux composés (= "à facettes") très développés et bien sûr parfaitement adaptés à ses moeurs prédatrices. Elle est en outre dotée d'une paire de crochets venimeux particulièrement développés et acérés, qui là encore concourent à l'efficience de la prédation. Vous noterez que ces crochets, plus généralement appelés "forcipules", sont issus de pattes modifiées.
 
 
 Côté face....scutigère: détail de la tête forcipules de scutigère (vue ventrale) ....et côté pile !
"portraits" de scutigères, avec mise en évidence des yeux à facettes, et des "forcipules".
 
Biologie succincte !
 
Les Scutigères sont nocturnes, et comme évoqué en intro, elles quittent volontiers le milieu naturel pour élire domicile dans nos habitations, et c'est encore plus vrai dans le midi où l'espèce est nettement plus fréquente en raison de la clémence des températures. L'habitat ancien et quelque peu humide est particulièrement prisé et attractif, mais au final les Scutigères peuvent se rencontrer en bien d'autres lieux et locaux (caves, sous-sols, garages, dépendances diverses, entrepôts, bâtiments agricoles, etc...) ..... le couvert étant semble-t-il plus important que le gîte !
 
Naturellement discrètes, et rarement nombreuses, ces étonnantes bestioles passent aisément inaperçu. Comme pour les blattes, les rencontres sont le plus souvent fortuites, et nocturnes, lors de l'éclairage d'une pièce par exemple. L'effet de surprise passé il s'ensuit généralement une fuite éperdue de la malheureuse bestiole ....et une prudente réserve du non initié !
 
 
scutigère (photo 3) scutigère (photo 1) scutigère (photo 2) boucliers dorsaux de la scutigère
autres exemples de scutigères, et à droite détail des boucliers dorsaux , d'où le nom de Scutigera ("qui porte des boucliers")
 
 
avant-corps de scutigère (photo 1) avant-corps de scutigère (photo 2) avant-corps de scutigère (photo 3) avant-corps de scutigère (photo 4)
.....plans rapprochés !
 
 
Scutigère (Scutigera coleoptrata), jeune spécimen, photo 1. Scutigère (Scutigera coleoptrata), jeune spécimen, photo 2. Scutigère (Scutigera coleoptrata), jeune spécimen, détail de la tête.
  Exemple de jeune spécimen; à droite: remarquer les très acérées chélicères.
A la naissance les "bébés" scutigères n'ont que 4 paires de pattes, ce nombre s'accroissant au fil des mues.
 
Dangerosité ? utilité ? .... les bonnes questions !
 
 La Scutigère est susceptible de mordre, ce qu'elle fait très rarement, et seulement pour se défendre. Je dirais qu'il faut vraiment "la chercher", par exemple en maintenant la bestiole prisonnière, au creux de la main fermée. La présence de venin fait que la morsure serait relativement douloureuse, un peu comme une piqûre de guêpe ou d'abeille. Cela étant, j'avoue ne pas avoir "testé", et ne pas être trop pressé de le faire .... même si les photos ci-dessous peuvent donner l'impression du contraire ! Dans le même esprit j'ajouterais qu'une réaction allergique ne peut être totalement écartée, mais qu'elle reste à coup sûr très exceptionnelle, voire à prouver, du moins France.
 
  Scutigère (Scutigera coleoptrata), en main, photo 1 Scutigère (Scutigera coleoptrata), en main, photo2
Ne lui faites pas de misères ... elle ne vous en fera pas ! ... et en plus elle vous rendra service !
 
 
Scutigère (Scutigera coleoptrata), en main, photo 3 Scutigère (Scutigera coleoptrata), à manger en main, photo 1 Scutigère (Scutigera coleoptrata), à manger en main, photo 2
Pas de doute ! ... c'est l'heure du déjeuner ! ... et en plus en vidéo !
    
Le caractère lucifuge (fuite de la lumière) des Scutigères fait que ces bestioles sont rarement visibles dans la journée, sauf à être dérangées. Tapies derrière les meubles, appareils électroménager, plinthes disjointes, radiateurs, gaines de chauffage, où encore dans le bric-à-brac des greniers et débarras, elles attendent tranquillement la tombée de la nuit pour sortir de leur retraite ....et nous rendre d'indéniables services, trop souvent méconnus !
 
Dans la plus parfaite discrétion les scutigères nous débarrassent en effet de très nombreuses bestioles indésirables, souvent qualifiées de "domiciliaires", telles que les mouches, blattes, lépismes ( = "poissons d'argent"), mites, moustiques, anthrènes, araignées, cloportes ...et j'en passe !
 
Ce faisant, et vous l'aurez compris, elles nous évitent d'avoir recours aux insecticides chimiques, et ce n'est pas le moindre de leur mérite, car ce qui est bon pour nous, l'est aussi pour la Planète ! 
 
Scutigère dévorant une araignée (photo 1) Scutigère dévorant une araignée (photo 2) Scutigère dévorant une araignée (photo 4) Scutigère dévorant une araignée (photo 3) 
Le déjeuner préféré de la Scutigère !
Vous noterez qu' avec les grandes tégénaires la défiance est manifeste, et partagée .... d'où un évitement là aussi réciproque ... et salutaire !  
cutigère dévorant une araignée (photo 4) cutigère dévorant une araignée (photo 5) cutigère dévorant une araignée (photo 7) cutigère dévorant une araignée (photo 8)
 
 
Légende ? .... réalité ? ..... et début de réponse !
 
Sous d'autres cieux, et notamment aux Baléares, les scutigères locales seraient très redoutées, car susceptibles d' occasionner de sérieux problèmes. Si un visiteur a du concret et du sérieux sur la question, je suis évidemment preneur des 2 mains. D'avance merci !
 
Le hasard faisant bien les choses j'ai eu l'occasion d'aller aux Baléares en Octobre 2008, et de trouver une superbe scutigère piégée dans la baignoire d'un hôtel pourtant très "class". Cela me donne à penser que la bestiole est fréquente, et sans doute aussi inoffensve que celle de chez nous.... mais là encore j'avoue n'avoir point testé !
 
En guise de conclusion ....
 
Tout ce qui est beau n'est pas forcément utile .... et tout ce qui est utile n'est pas forcément beau !
 
 
FIN
 
les pages entomologiques d' andré lequet : http://www.insectes-net.fr