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- les VRILLETTES
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- (Coléoptères
Anobiidae)
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- Présentation
-
- Localement appelées "cossons",
les Vrillettes, ou Anobium, sont de petits
Coléoptères xylophages de la famille des Anobiidae.
La grosse vrillette, (Xestobium rufovillosum, 5 à 7
mm), et la petite (Anobium punctatum, 3 à 5 mm),
sont les plus répandues, mais il faut parfois compter avec
la vrillette dite des bibliothèques (Nicobium
castaneum, 4 à 6 mm). Toutes se rencontrent bien
sûr dans la nature, mais elles se complaisent
également dans nos habitations, et c'est bien là le
problème, car en cas de prolifération, et les
années aidant, les dégâts induits peuvent
s'avérer importants. Mieux vaut donc le savoir, et
intervenir en temps voulu, et à bon escient.
-
-
- la petite vrillette (Anobium
punctatum)
et la grosse ( Xestobium rufovillosum)
!
-
- Quand on a la chance de trouver
la bestiole (si l'on peut dire !),
- la taille est à
l'évidence un excellent critère de
différenciation.
-
-
- De fait, et sans vouloir donner dans le
catastrophisme, la belle armoire de famille peut se voir à
terme transformée en passoire, sinon en poussière,
et les pieds de lit prendre le parti de passer tout de go au
travers du plancher. Dans le même esprit il est des chaises
sur lesquelles mieux vaut ne point s'asseoir, et des manches de
pelles qui vous lâchent sans crier gare. Pour faire bonne
mesure on évoquera le rayonnage de la bibliothèque
qui cède avec perte et fracas à 2 heures du matin,
sans parler des bouquins eux-mêmes parfois attaqués,
ni du précieux Bouddha ancien traîtreusement
taraudé par l'irrespectueuse bestiole.
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-

- Un exemple édifiant: il
s'agit ici de la grosse vrillette, et d'une attaque très
avancée ("sciure" enlevée!), mais en matière
de "dentelle" la petite vrillette (bas de page) s'y entend aussi
!
-
- Nota: la "sciure"
excrémentaire encombrant toujours plus ou moins les
galeries, une pièce de bois peut paraître peu
attaquée. La réalité est souvent bien
différente, et il suffit de quelques coups de marteau pour
s'en convaincre. Sous l'effet des vibrations la "sciure" en
question s'écoule alors de toutes parts, les galeries se
vident, et c'est parfois la mauvaise surprise!
-
- Au final, et vous l'aurez compris,
l'éclectisme de ces insectes paraît quasiment sans
limites, d'autant que feuillus et résineux font ventre, les
bois en quelque sorte "vieux ouvrés" passant pour avoir la
préférence. Le fait est d'ailleurs bien connu des
amateurs de meubles anciens, et entre autres des antiquaires. Il
s'ensuit que loin de nuirent quelques trous de vrillettes de-ci
de-là accréditent au contraire l'ancienneté
de la chose acquise ou vendue....du moins le croîent-ils
!
-
- C'est d'ailleurs tellement vrai que les
copies de meubles anciens sont le plus souvent
agrémentées de quelques vrais "faux trous"
judicieusement placés (autrement dit bien en vue !),
histoire d'ajouter quelques décades à la patine
à l'ancienne. Bien entendu point trop n'en faut, et
contrairement à une idée reçue, mieux vaut
laisser le fusil au râtelier....et réserver le plomb
de 10 pour la caille ou le perdreau !
-
-
- Biologie
-
- 1)- La grosse vrillette,
Xestobium rufovillosum:
-
- Elle ne s'attaque qu'aux bois subissant,
ou ayant subi, l'attaque de champignons. Selon le cas ces derniers
génèrent des pourritures dites "cubiques", ou
"fibreuses", d'où un enrichissement en azote, lequel
conditionne précisément le bon développement
des larves de notre vrillette. Bien entendu la présence de
ces champignons traduit une humidité excessive, le plus
souvent liée à des infiltrations
(défectuosités des toitures, fuites de
canalisations, fissures de la maçonnerie au niveau de
l'encastrement de la charpente, remontées humides
inhérentes à un drainage périphérique
absent ou défaillant, mauvaise isolation par rapport au
sol, etc...). Le cas échéant le confinement
entretient l'humidité, et ajoute évidemment à
l'attractivité de la zone. Cela dit, les
dégâts causés peuvent être importants
dans la mesure où l'insecte est connu pour pouvoir
s'attaquer aux charpentes et planchers (se défier des
revêtements de sols, moquettes et autres, sur vieux
parquets!), même s'il ne dédaigne pas des
éléments de moindre importance, voir le mobilier
proprement dit.
-
-

- Vues dorsale et ventrale de la
grosse vrillette (Xestobium rufovillosum) x
10.
-
- Nota: contrairement aux
apparences ces bestioles sont bien vivantes, mais comme d'autres
espèces d'insectes la vrillette a la faculté de
"faire le mort", et en l'occurrence de rentrer tout ce qui
dépasse (si je puis dire!), et bien sûr de rester
totalement immobile, en quasi catalepsie. A noter encore que la
tête, naturellement perpendiculaire au corps, est toujours
entièrement dissimulée et protégée par
une sorte de capuchon thoracique.
-
- 2)- La petite vrillette
(Anobium punctatum):
-
- Elle plus connue des meubles, petites
boiseries, et à l'occasion oeuvres d'art. A l'instar de la
grosse elle peut néanmoins s'en prendre aux charpentes et
planchers mais son impact est censément moindre. Il
convient toutefois de relativiser car au fil des années, et
des générations successives de l'insecte, les
dégâts se font évidemment plus significatifs,
et les images ci-après en témoignent . La
température et l'hygrométrie influent là
aussi sur le développement de l'insecte, mais sa
présence n'est pas subordonnée à celle des
champignons précités.
-
-

- à gauche et au centre:
groupes de petites vrillettes (Anobium punctatum) ; à
droite: détails de la morphologie (chez cette
espèce les élytres sont finement striés et
ponctués). Insectes "récoltés" tout
début Mai, dans une fermette
rénovée.
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-
-
- exemple de bois très
attaqué par la petite vrillette (plancher de la fermette
ci-dessus évoquée!).
- à gauche: aspect
dans le sens des fibres du bois; à droite: aspect
sur section transversale.
- (il va sans dire que le reste du
plancher était à l'avenant, et que l'attaque
perdurait de longue date)
-
-

- les pages entomologiques d'
andré lequet
: http://www.insectes-net.fr
