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- la PUDIBONDE ou
PATTE ÉTENDUE (Calliteara pudibunda)
!
- (Lépidoptère
Lymantriidae)
-
- (page 2 sur
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- Intro !
Non sans logique les appellations
dites " vernaculaires " (= " communes " ! ) font très souvent
référence à des particularités
morphologiques ou comportementales. Les seules limites du descripteur
étant celles de son imagination, il peut s'ensuivre des
dénominations de prime abord surprenantes, voire plus ou moins
" bizarroïdes "
et parfois plus que moins !
La "Pudibonde" doit par exemple ce
drôle de nom au comportement de la chenille. Au moindre
dérangement cette dernière fait le gros dos en ramenant
la tête dans les replis de l'avant corps, ce qui a pour effet
de déployer l'abondante pilosité de la bestiole, et
d'en masquer ainsi
les supposées " pudeurs "
!
La "Patte étendue", autre appellation
de cette même Pudibonde, se rapporte cette fois au papillon
proprement dit, et plus précisément à sa
très typique position de repos, que je vous laisse imaginer
... en l'attente de ci-dessous la découvrir !
Présentation
!
Calliteara pudibunda (= Dasychira pudipbunda
= Elkneria pudibonda ! ) relève des Lymantriidae (= Liparidae)
Famille représentée en France par une quinzaine
d'espèces. C'est au sein de cette Famille que l'on trouve les
chenilles défoliatrices comptant parmi les plus nuisibles,
comme celles du Bombyx disparate (Lymantria dispar, voir site), ou
encore du Cul-brun (Euproctis chrysorrhoea, voir site), ces
dernières étant en outre urticantes.
Largement répandue, y compris hors de
nos frontières, la Pudibonde est présente dans presque
toute la France continentale, et ce jusqu'à une altitude
avoisinant les 2000 m. Un temps considérée comme
absente de Corse (alors qu'elle est connue de Sardaigne et Sicile) sa
présence est actuellement avérée. Suivant les
régions ce papillon est visible entre avril et juin, mais une
seconde génération est possible (septembre) là
où les conditions climatiques le permettent. En raison des
préférences alimentaires de ses chenilles ce papillon
affectionne les boisements caducs, et plus généralement
toutes les zones où les feuillus sont bien
représentés.
Essentiellement nocturne la Pudibonde
atteint une envergure de 55-60 mm chez les femelles, pour 40-50 mm
chez les mâles. Outre la relative modestie de leur taille ces
derniers se distinguent par une coloration nettement assombrie, mais
aussi par des antennes largement pectinées, et bien sûr
par un volume abdominal censément très réduit en
regard de celui de la femelle, fortement distendu par les
oeufs
- la "Patte
étendue" ... et pour cause !

- Pattes antérieures
totalement allongées, parallèles et quasi jointives,
telle est la très typique position ayant donné son
nom à ce papillon.
- (ci-dessous
variante)

-
-
- le dimorphisme
sexuel !

- Sur spécimens de
collection !
- à gauche: couple
(femelle à gauche); à droite: dimorphisme
antennaire (femelle au dessus).
-
-
- ... et là sur le vif
!
- à gauche: femelle;
au centre: mâle; à droite:
couple.
-
-
- Florilège
de "Pudibondes" !
- ... et ci-dessous la
traditionnelle "prise en main", pour moi sorte de "communion" avec
la bestiole et la Nature.

-
- La ponte !
La vie des insectes étant le plus
souvent très courte, les modalités de la
reproduction sont à la mesure de cette
brièveté. Autant dire que les choses ne
traînent pas, notamment chez les papillons, gente
ailée bien connue pour son
éphémérité. C'est encore plus vrai
chez les "papillons de nuit", car faute de trompe (et donc de
pouvoir s'alimenter ! ) de nombreuses espèces sont
contraintes de vivre sur des réserves
épuisées en quelques jours ... telle notre
"Pudibonde" !
L'éclosion des papillons
intervenant le plus souvent en fin d'après-midi, du moins
chez pudibunda, les bestioles sont théoriquement
"opérationnelles" dès la nuit venue, mais en
règle générale "tout" se passe la nuit
suivante. Bien entendu la ponte suit l'accouplement, et non moins
logiquement les oeufs sont déposés sur les feuillus
nourriciers. Comme les illustrations ci-dessous le montrent, les
"graines" sont très nombreuses (plus de 600
dénombrées "post-mortem"), et pondues par lots de
quelques dizaines d'unités.
-

- Les oeufs ... tels que pondus
!
- Jargon entomologique oblige,
vous noterez qu'entre éleveurs les oeufs des papillons sont
souvent appelés "graines"
-
-

- Prématurément morte, mais
tardivement "autopsiée" (d'où la couleur "douteuse"
des oeufs ! ), une femelle a livré quelques uns de ses
petits secrets ... abdominaux ! à gauche: cette
coupe transversale de l'abdomen montre l'amas considérable
des oeufs "prêts à pondre" (614 ! ); au
centre: ce joli collier de perles, est formé par les
oeufs en transit dans l'oviducte; à droite: ovocytes
(= oeufs en formation ! ) dans une "ovariole".(partie constitutive
de l'ovaire).
La chenille
!
- Mes yeux de naturaliste la trouvent
belle, et je pense qu'elle l'est également pour la
majorité de ceux qui ont la chance de croiser son chemin.
Les formes "blondes" sont à mon sens les plus
jolies ... mais "les brunes ne comptent pas pour des prunes"
! J'ajouterais que sa variabilité et son côté
"punk" ne sont pas étranger à cette beauté,
laquelle a néanmoins son revers. La bestiole passe en effet
pour être légèrement urticante, mais mon
épiderme en ayant vu d'autres je n'ai jamais ressenti la
plus infime "grattouille". Bien entendu prudence oblige, et en cas
d'allergie avérée ou soupçonnée
contentez-vous de la toucher ... avec les yeux !
-
- Là où certaines chenilles
sont très strictes en matière de plantes
nourricières, de très nombreux arbres et arbustes
font le bonheur de la Pudibonde (hêtres, saules,
chênes, noisetiers, bouleaux, sorbiers, pommiers, peupliers,
ormes, charmes, rosiers, houblons) ... et j'en passe !
Par-delà cet éclectisme nourricier, et sa peu banale
"coiffure", vous verrez que cette chenille ne manque pas
d'originalités, mais pour en juger il faut l'avoir
élevée ... ou me lire ! Sachez par exemple qu'elle
déjeune de nuit en se contentant de grignoter là
où d'autres dévorent, que son activité diurne
confine le zéro absolu quand d'autres ont la bougeotte, et
enfin qu'elle pourrait s'appeler la "lambine" car 2 mois et demi
lui sont nécessaires pour parvenir à terme, quand la
majorité des espèces "bouclent" leur croissance en
guère plus d'un mois.
-

- Illustration des variations de
la coloration générale; des "crêtes" ou
"brosses"; et du pinceau de l'extrémité abdominale.
- ci-dessus: sur vue
d'ensemble et duos ; à suivre et ci-dessous: sur
individus isolés.
........................

- à gauche: tête
rentrée, "brosses" érigées, telle est la
position typique de la Pudibonde ... préservant ainsi ses
"pudeurs". Il s'agit en fait d'une attitude défensive
pouvant aboutir à l'enroulement de la chenille, laquelle se
laisse "choir" dans la végétation du sol, afin
d'échapper à l'objet de ses inquiétudes;
à droite: l'incontournable "prise en
main".
-
-
Détails !

- ci-dessus: ... des
crêtes et encore des crêtes... de quoi rendre un punk
jaloux !
- (vous noterez le "velours noir"
des membranes inter segmentaires)
- ci-dessous: ... "la
tête et les jambes" ! à droite: remarquer la
couronne griffue qui ajoute à l'ancrage des "pattes
ventouses" sur le substrat.

-
-
L'art de la mue
!
- Chez
toutes les larves d'insectes
l'accroissement de la taille passe par des mues successives, le
plus souvent au nombre de 4 chez les papillons. A l'approche de
chacune d'entre-elles la chenille tisse une trame soyeuse sur le
support et s'y amarre solidement via les griffes des pattes
ventouses. C'est là le cas le plus simple et le plus
fréquent, mais la chenille s'en trouve
particulièrement exposée et donc
vulnérable.
-
- Comme vous le verrez ci-dessous, la
chenille de la Pudibonde fait preuve d'originalité en
s'installant au sein d'une feuille plus ou moins repliée
grâce à d'astucieuses ligatures soyeuses
croisées. Au sein des cuvettes et hamacs ainsi
formés la protection est a priori améliorée,
mais croyez-moi les prédateurs ont tôt faits
d'assimiler ces feuilles à de prometteuses et succulentes
becquées.
-
- Outre l'abandon de la vieille peau
devenue trop étroite, l'acquisition de la nouvelle peut
donner lieu (ou pas ! ) à des modifications plus ou moins
importantes de l'ornementation tégumentaire
(pilosité et ou coloration). Là encore notre
Pudibonde fait fort car au niveau de la pilosité les stades
larvaires sont presque tous morphologiquement différents,
sans parler de la palette des colorations,
précédemment illustrée à la rubrique
"chenille".
-

- Simples cuvettes, ou
véritables hamacs, les feuilles sont astucieusement mises
en formes grâce à des ligatures
croisées,
- véritable
préfiguration du classique "point de croix" très
fréquemment utilisé en
broderie.
-
-

- Exemples de mues ... avec et
sans changement de coloration !
-

-
les
pages entomologiques d' andré
lequet : http://www.insectes-net.fr